Tout le monde s’entend sur son importance, l’éducation reste un sujet consensuel. La campagne actuelle lui accorde une place étonnamment modeste, loin derrière l’économie, la santé ou l’immigration dans les échanges entre les chefs et dans la couverture médiatique.
Les partis n’ont pourtant pas ménagé les engagements en éducation. En les comparant, un constat surprend : les solutions proposées se ressemblent beaucoup d’une formation à l’autre et l’originalité n’est pas au rendez-vous.
Trois partis, une même idée
La tenue d’états généraux sur l’avenir de l’éducation, dans les cent premiers jours d’un nouveau gouvernement, constitue une promesse reprise presque mot pour mot par le PLQ, le PQ et QS. Il est rare qu’une mesure aussi structurante fasse consensus chez trois formations qui s’opposent sur tout le reste.
L’exercice peut effectivement mettre en commun les demandes et les besoins du milieu de l’éducation, mais encore faudra-t-il un plan et des balises claires. Si l’objectif est réellement de changer les choses et de mettre en place de nouvelles structures, de nouvelles façons de faire, il faudra offrir au milieu de l’éducation l’occasion d’appliquer les recommandations qui en découleront.
La CAQ s’en distingue en refusant cet exercice, jugeant que les équipes sur le terrain disposent déjà des solutions et qu’une vaste réforme ferait perdre un temps précieux, mais son absence de proposition de rechange laisse aussi un vide dans la discussion.
Divergence sur l’école à trois vitesses
Le débat le plus tranché touche l’existence d’un système à plusieurs paliers entre l’école publique, les programmes particuliers et l’école privée. Ici encore, le constat est reconnu depuis longtemps et les intentions sont là, mais peu de partis détaillent comment ils comptent réellement resserrer l’écart une fois au pouvoir.
Le même problème que soulèvent les états généraux se pose : nommer un enjeu ne suffit pas, encore faut-il avoir la volonté de le traduire en gestes concrets.
Un même diagnostic sur le manque de personnel
Le manque de personnel qualifié fait aussi consensus chez les partis. Les cibles d’embauche varient d’une formation à l’autre, mais l’angle demeure similaire sur l’ajout de ressources pour compenser un réseau à bout de souffle.
Cette approche répond surtout aux symptômes d’une pénurie déjà connue depuis plusieurs années, sans s’attaquer aux raisons pour lesquelles les investissements précédents n’ont pas suffi à combler l’écart.
Un enjeu qui cherche sa place
Cette campagne présente un portrait paradoxal de l’éducation : un enjeu que personne ne conteste, mais que peu de partis choisissent d’incarner. D’une plateforme à l’autre, les mêmes constats et les mêmes cibles reviennent, comme si les partis s’étaient concertés sur les grandes lignes sans se soucier de s’en distinguer. Reste à voir si cette absence d’audace traduit un choix stratégique ou l’aveu que personne n’a encore trouvé l’angle pour se démarquer.
Les engagements existent, mais leur ressemblance d’un parti à l’autre soulève une question aussi importante que leur faible écho médiatique. Est-ce que le prochain gouvernement placera l’éducation au centre de ses décisions dans un contexte de finances publiques sous pression?

