Le saut périlleux de la politique

Analyse

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Vous êtes probablement familier avec l’expression se lancer ou faire le saut en politique. Depuis quelques semaines déjà, les annonces de candidatures se multiplient. Les partis politiques dévoilent les visages qui porteront les couleurs de leur organisation en vue des élections générales du Québec cet automne.


Devenir candidat, tous paliers confondus, c’est tout sauf banal. Avant de critiquer ou d’entretenir un cynisme envers la politique, je me permets de déconstruire quelques aprioris. Faire une campagne électorale, c’est oser se mettre de l’avant, défendre des idées, être vulnérable et risquer la défaite. Avec cinq principaux partis au Québec, peu d’entre eux accéderont aux 127 sièges disponibles à l’Assemblée nationale.

On parle d’une vie privée qui rétrécit, d’une famille soudainement exposée et d’une analyse continue de nos faits et gestes, présents comme passés. Comme j’aime le dire, le produit à vendre, ça devient le candidat. Et c’est précisément là que la communication entre en jeu.

La fameuse ligne de parti

Bien que souvent critiquée, la ligne de parti a sa raison d’être. D’abord communicationnelle, elle assure une cohérence. Avec autant de sujets et l’instantanéité des nouvelles, il faut pouvoir maintenir des positions claires et alignées. Puis, il y a aussi un aspect plus partisan. Elle soude une base militante qui adhère à des idées, des propositions et des engagements. Ça ne veut pas dire de répéter la même cassette à chaque question, mais d’assumer un alignement.

Elle ne sert pas à effacer l’authenticité, la maîtrise des dossiers ou la posture qu’on veut prendre pour servir les intérêts des électeurs ou d’une région.

Le candidat parfait existe-t-il?

Entrepreneurs, anciens élus, syndicalistes, jeunes professionnels : qu’est-ce qui fait une bonne candidature? Chaque parti cherchera évidemment sa candidate ou son candidat vedette pour marquer les esprits. Mais ce n’est pas tout, surtout en région. La personne qui connaît son milieu, s’implique dans sa communauté et s’intéresse aux enjeux locaux peut s’avérer le meilleur des alliés.

Pourquoi? Les députés qui servent le mieux leur comté sont, à mon avis, ceux qui voient leur rôle comme stratégique. Qui utilisent les leviers existants pour faire avancer les dossiers communs. Qui portent les enjeux auprès des parlementaires et des ministres. Qui misent sur la collaboration plutôt que sur la confrontation.

La proportion d’indécis augmente selon les derniers sondages, donc si vous faites partie de ceux-ci, je vous invite à vous intéresser un peu plus aux candidatures de votre circonscription. Au final, le saut périlleux, il appartient aussi aux électeurs.

Article originalement publié dans Informe Affaires