Qu’annonce la victoire du PQ dans l’élection partielle de Chicoutimi ?

Analyse

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La température vient encore de chuter pour le gouvernement actuel avec une quatrième défaite successive aux mains du Parti Québécois dans une élection partielle. Après Jean-Talon, Terrebonne et Arthabaska, c’est maintenant Chicoutimi qui accueille une nouvelle députée péquiste. Rappelons que cette élection partielle a été causée par la démission, le 4 septembre dernier, de l’ex-ministre des Affaires municipales Andrée Laforest, qui avait quitté son siège pour se lancer dans la course à la mairie de Saguenay, une aventure qui s’est soldée par une défaite.  

Marie-Karlynn Laflamme devient la septième députée du parti de René Lévesque avec une récolte de 45 % des voix, devançant ainsi Catherine Morissette du Parti conservateur du Québec, qui, de son côté, a obtenu 26 % des voix. La Coalition Avenir Québec (CAQ) a, pour sa part, récolté à peine 12 % des voix, soit 50 points de moins qu’en 2022, le plus haut score du parti au Québec.  

Un avant-goût de l’élection générale ? 

Malgré un taux de participation assez bas de 35 %, cette victoire confirme la tendance et donne surtout un avant-goût de ce qui pourrait survenir à l’élection générale d’octobre 2026. Et pas seulement pour le parti vainqueur. 

Dans son discours de victoire, Paul St-Pierre Plamondon n’a pas perdu de temps pour se projeter vers l’automne, comparant la qualité de l’équipe qu’il bâtit à celle de 1976. C’est un chef qui cherche à positionner son parti comme la « vraie alternative » et à installer dans l’esprit des Québécois l’idée d’un gouvernement péquiste en attente.  

Sur la question de la souveraineté, PSPP a choisi une nouvelle approche. Il souhaite faire appel à l’intelligence des gens plutôt que de forcer la question. En effet, il reconnaît que les gens ont peur dans le contexte actuel avec la situation au sud de la frontière et la guerre commerciale avec les États-Unis. 

Le PCQ en bonne position  

Le PQ n’est toutefois pas le seul parti à retenir l’attention. Le Parti conservateur du Québec (PCQ) continue à faire preuve de constance dans ses résultats. Après une deuxième place dans Arthabaska avec 35 % des voix, le PCQ récidive à Chicoutimi avec 26%. Ces résultats, combinés aux sondages qui lui sont de plus en plus favorables, tendent à démontrer que la droite attire et intéresse une part significative de la population québécoise, particulièrement dans les régions.  

Pour les stratèges des autres partis, c’est une donnée qui devra être intégrée dans le calcul électoral de 2026. Le PCQ n’est plus un phénomène passager : c’est un joueur qui s’installe durablement dans le paysage politique québécois. Une posture qui favorisera le recrutement des candidatures. 

Et la troisième voie ? 

À l’inverse, la situation de la CAQ illustre une réalité bien connue en politique : un parti en pleine course à la chefferie se divise. Même si François Legault reste en poste comme premier ministre, les candidats sont en mode campagne. C’est une situation qui peut poser des enjeux sur la prise de décision, comme on le voit avec le projet de troisième lien.

La réalité, c’est qu’il est difficile d’obtenir l’attention des citoyens tant et aussi longtemps que le parti n’aura pas désigné de nouveau leader.

Le fait que Legault ne se soit pas déplacé à Chicoutimi pendant la campagne envoie le signal d’un premier ministre qui gère la fin d’un règne. Christine Fréchette et Bernard Drainville ont tous les deux visité la circonscription, mais en mode séduction des militants, et non en soutien au candidat Francis Tremblay. Le parti n’avait ni chef mobilisateur, ni message clair, ni élan pour défendre une circonscription.

Il faut tout de même prendre ce résultat avec un grain de sel. Dans une élection partielle à faible participation, la machine électorale peut faire une différence. Une fois de plus, le Parti Québécois aura été en mesure de faire sortir le vote pour signer une victoire qui lui était essentielle afin de confirmer son statut de « gouvernement en attente ».

Il reste à déterminer si octobre 2026 nous fera vivre une élection de changement. La question est aussi de savoir comment les chefs des autres partis parviendront à s’imposer et à faire bouger les sondages pendant une période électorale qui s’annonce très longue.